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Sextorsion en ligne : comment se protéger ?

16 avr. 2024 date de publication
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Camille : La sextorsion en ligne, c'est un terme qu'on entend de plus en plus, et qui fait froid dans le dos. C'est un fléau qui touche particulièrement les jeunes, et qui semble s'amplifier. Qu'est-ce que c'est exactement, notre conseiller Adavia?
Conseiller : Effectivement, la sextorsion est un phénomène très préoccupant. Il s'agit d'une forme de cybercriminalité où un maître chanteur menace de diffuser des photos ou vidéos compromettantes de sa victime sur internet afin de lui soutirer de l'argent. Elle cible principalement les adolescents de 14 à 17 ans, et il est à noter que les jeunes garçons sont les plus touchés.
Camille : Donc, c'est un chantage en ligne. Et comment les cybercriminels s'y prennent-ils pour piéger leurs victimes?
Conseiller : Le mode opératoire le plus courant implique que le sextorqueur contacte sa victime sur les réseaux sociaux, souvent en se faisant passer pour le sexe opposé. Après quelques échanges, la conversation dérive vers des contenus plus intimes. Le cybercriminel incite alors la victime à envoyer des photos ou vidéos à caractère sexuel, parfois en envoyant lui-même de fausses images dénudées pour instaurer la confiance, ou en enregistrant la victime via une webcam à son insu.
Camille : C'est une manipulation effrayante. Existe-t-il d'autres méthodes que ces escrocs utilisent?
Conseiller : Oui, une autre tactique consiste à contacter les victimes aléatoirement par mail ou via les messageries, en affirmant avoir pris le contrôle de leur webcam ou piraté des photos compromettantes. Le chantage psychologique est très intense, le criminel montrant par exemple des captures d'écran de la liste de contacts de la victime pour la terroriser. Ils harcèlent la personne, ne lui laissant souvent que quelques jours pour payer la rançon sous peine de publication.
Camille : C'est une course contre la montre pour les victimes, alors. Et j'imagine que l'intelligence artificielle n'arrange rien, au contraire?
Conseiller : Malheureusement, l'IA a considérablement amplifié cette menace. Une étude du FBI a même montré une augmentation de 322% des cas entre février 2022 et février 2023. Grâce aux progrès de l'IA, les 'deepfakes', ces montages photo ou vidéo hyperréalistes, sont devenus très difficiles à distinguer du vrai.
Camille : Donc, ils peuvent créer de toutes pièces des images compromettantes sans même que la victime n'ait jamais envoyé quoi que ce soit?
Conseiller : Exactement. Les sextorqueurs utilisent des photos volées sur les réseaux sociaux pour générer, à l'aide de l'IA, des montages montrant leurs victimes dans des situations compromettantes. Ensuite, ils contactent la personne pour la menacer de publier ces deepfakes. La technologie est si avancée qu'il est devenu très difficile de repérer la supercherie.
Camille : C'est une dimension encore plus sinistre. Si un frontalier ou un résident suisse est victime de sextorsion, que dit la loi en Suisse et que doit-il faire?
Conseiller : En Suisse, il n'y a pas de norme pénale spécifique pour la sextorsion en tant que telle. Cependant, plusieurs infractions peuvent être retenues, comme l'extorsion et le chantage, la calomnie, la violation du domaine privé, ou la pornographie. Il est crucial de savoir qu'il faut agir rapidement.
Camille : Et concrètement, quelle est la première étape à suivre?
Conseiller : La première et la plus importante étape est de signaler immédiatement les faits à la police cantonale. Le site ePolice met à disposition toutes les adresses et numéros de téléphone nécessaires pour déposer plainte. Ne cédez jamais au chantage et ne versez aucune somme d'argent.
Camille : C'est un conseil essentiel, merci beaucoup à notre conseiller Adavia pour ces explications très claires sur un sujet malheureusement si actuel. Si vous ou l'un de vos proches êtes confrontés à cette situation, n'hésitez pas à vous informer et à contacter les autorités, et bien sûr, Adavia peut vous accompagner pour toutes vos démarches administratives.

La sextorsion est un fléau qui touche particulièrement les jeunes. Chaque jour, de plus en plus de cas sont signalés. Les hackers se servent des réseaux sociaux pour trouver leurs victimes, en particulier sur Instagram et sur Snapchat. Ce phénomène est une escroquerie en ligne qui utilise le chantage pour aboutir à ses fins. Si la sextorsion en ligne se répand de plus en plus, c'est qu'elle est facile à orchestrer par les maîtres chanteurs. Depuis l'avènement de l'intelligence artificielle (IA), cette menace qui se propage sur internet et les médias sociaux ne fait que prendre de l'ampleur. Faisons le point sur cette inquiétante situation.


Qu'est-ce que la sextorsion en ligne ?

Sextorsion : définition

Le terme « sextorsion » vient de l'anglais et de la contraction des mots « sex » et « extorsion ». Il s'agit d'un chantage abusif qui menace de diffuser sur internet des photos ou des vidéos compromettantes de la victime afin de lui soutirer de l'argent. Cette forme de Cybercriminalité attaque particulièrement les adolescents de 14 à 17 ans. Selon les associations visant à protéger les victimes, le plus grand nombre de cas signalés concerne particulièrement les jeunes garçons.

Le mode opératoire des sextorqueurs

Si les jeunes hommes sont les plus visés par les hackers, c'est que leur mode opératoire est bien rodé.

  • Le plus souvent, le sextorqueur contacte sa proie via les réseaux sociaux se faisant passer pour le sexe opposé.
  • Après quelques échanges de messages de convenance, très vite, la conversation dérive et prend une tournure plus osée.
  • Dès lors, le cybercriminel met tout en œuvre pour que sa victime lui fasse parvenir des photos ou des vidéos à caractère sexuel, montrant le jeune homme nu ou se livrant à un acte sexuel. La plupart du temps, pour que sa victime ait confiance, le sextorqueur est le premier à envoyer une (fausse) photo dénudée. Le hacker peut aussi demandé de brancher une webcam et enregistrer sa cible s'exhiber à son insu.
  • Une fois les vidéos ou les photos en sa possession, le chantage commence.

L'autre mode opératoire consiste à Contacter les victimes par mail ou via les messageries des réseaux sociaux de façon aléatoire. Le mail/message indique aux jeunes enfants que l'on a pris possession de leur webcam ou que des photos compromettantes de leur personne ont été piratées sur leur smartphone.

Concernant les garçons, les maîtres chanteurs ont tendance à réclamer immédiatement une somme d'argent. Quand il s'agit d'une jeune fille, d'autres photos ou vidéos sont exigées sous la menace.

Le chantage psychologique

Bien souvent, les jeunes ont très peu de temps pour réagir. Face à ces proies inexpérimentées, les cybercriminels sont très virulents et menacent leur cible en les terrorisant. Ils leur offrent en général deux possibilités : payer une rançon ou diffuser les photos et vidéos compromettantes. Cette situation est ultra anxiogène pour les enfants, si bien que ceux-ci craquent rapidement.

Le sextorqueur prend très facilement le dessus en intimidant ses victimes à l'aide de chantage psychologique. Il peut montrer des captures d'écran avec la liste de contacts de l'adolescent pour lui faire croire qu'il diffusera les photos à tout son répertoire. Il se servira de tous les renseignements personnels qu'il peut trouver (son nom, son adresse, son école, etc.), tout cela dans le but de terroriser sa victime et l'inciter à lui verser une somme d'argent.

Le hacker doit agir vite, il va donc harceler la personne jusqu'à ce que celle-ci craque. En proliférant ses menaces, il ne laisse en général que quelques jours à la victime pour payer sous peine de voir publier les éléments compromettants.


IA et sextorsion : les attaques en ligne s'amplifient

Selon une étude du FBI, les cas de sextorsion ont augmenté de 322 % entre février 2022 et février 2023. Un constat inquiétant qui s'est amplifié avec l'avènement de l'intelligence artificielle (IA).

Si à ses débuts l'IA était seulement accessible à quelques professionnels de l'informatique (voire aux hackers), aujourd'hui elle s'est démocratisée rendant les « deepfakes » de plus en plus courant. Les premiers à en avoir fait les frais étaient les hommes politiques ou les grandes entreprises. Ces Attaques appelées « CEO fraude » étaient plutôt grossières, il n'était pas difficile de repérer les photos ou vidéos modifiées par l'IA.

Aujourd'hui les choses se compliquent, la technologie de l'IA a considérablement évolué si bien qu'il est de plus en plus difficile d'apercevoir les trucages. Les sextorqueurs ont adopté l'Intelligence artificielle pour renforcer leurs attaques, ils en ont profité pour modifier leurs méthodes.

Pour arriver à leurs fins, les sextorqueurs utilisent des photos volées sur les réseaux sociaux. À l'aide de l'IA et de la génération d'images, ils exécutent des montages photo ou vidéo montrant leurs victimes dans des situations compromettantes. Le chantage peut alors commencer. Une fois en possession de son « deepfake », le sextorqueur contacte sa victime sur les réseaux sociaux, là où il lui a tout d'abord subtilisé ses photos, et le menace de publier le deepfake à la vue de tous. Les progrès de l'IA sont tels qu'il devient très difficile de repérer le vrai du faux.

La star américaine Taylor Swift en a récemment fait les frais. Des images pornographiques travaillées à l'aide de l'IA et utilisant le visage de la chanteuse sont devenues virales en quelques heures sur les réseaux sociaux tels que X (ex-Twitter). Ces images ont été vues des millions de fois en peu de temps, n'arrivant pas à les arrêter, X a été obligé de bloquer toutes les recherches comprenant le nom de Taylor Swift. La Maison-Blanche s'est insurgée, prenant l'affaire au sérieux, et a déclaré que le Congrès devrait envisager de légiférer pour lutter contre ce type de pratique.


Qui appeler en cas de Sextorsion ?

Que faire en cas de sextorsion en Suisse. La législation ne détermine pas de norme pénale spécifique au sujet de la sextorsion. Seules les infractions suivantes sont encadrées :

  • Art. 156 CP pour extorsion et chantage
  • Art. 174 CP pour calomnie
  • Art. 179 quater CP pour violation du domaine privé au moyen d'un appareil de prise de vues
  • Art. 197 CP pour pornographie

Si vous êtes victime de sextorsion, vous devez immédiatement signaler les faits à la police cantonale. Vous trouverez sur le site ePolice toutes les adresses et numéros de téléphone pour déposer plainte.

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