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Partage des avoirs LPP en cas de divorce : anticiper et protéger votre retraite

27 janv. 2026
Retraite
10 min.

Le partage des avoirs LPP en cas de divorce ressemble souvent à une formalité… jusqu’au moment où la question devient très concrète : quel montant va partir, vers où, et quel impact sur votre rente future ? Pour beaucoup d’actifs en Suisse, la prévoyance professionnelle représente un pilier central de la retraite. Un partage mal anticipé peut créer un écart durable, surtout lorsque la séparation intervient à un certain âge, après des années d’épargne accumulées, ou quand une situation d’invalidité entre en jeu.

L’objectif reste simple : comprendre le principe du partage (souvent “par moitié” des droits constitués pendant le mariage), identifier les éléments à réunir (comme l’attestation de l’institution de prévoyance) et savoir à quel moment le tribunal intervient. Mais au-delà des démarches, l’enjeu se joue sur la stratégie : protéger le conjoint, préserver votre trajectoire retraite et éviter des décisions irréversibles prises dans l’urgence.

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Divorce et prévoyance professionnelle : ce qui se joue vraiment

Pourquoi la LPP pèse autant dans un divorce

La LPP (2e pilier) ne fonctionne pas comme un simple “compte épargne”. Elle organise une prévoyance professionnelle qui vise plusieurs objectifs : constituer une épargne vieillesse, mais aussi prévoir des prestations en cas dinvalidité ou de décès. Résultat : le divorce ne touche pas uniquement un capital, il peut aussi toucher votre sécurité financière sur toute la durée de vie.

Pour beaucoup de couples, la LPP représente une part très importante des avoirs “invisibles” : vous ne la voyez pas sur un compte courant, mais elle conditionne votre future rente. C’est précisément pour cela que le sujet mérite une approche pédagogique, avec des étapes claires.

Le principe du partage, expliqué simplement

Retenez une idée : pendant le mariage, chaque conjoint construit (ou non) des droits de prévoyance. En cas de divorce, le système applique un principe d’équilibre : les droits constitués durant le mariage se répartissent, souvent avec une logique “par moitié”. Cette règle vise à corriger les déséquilibres liés aux choix de vie du couple (carrière, temps partiel, pauses, enfants, etc.).

Sur le plan légal, ce mécanisme s’appuie notamment sur le Code civil suisse (art. 122 et 123 CC) et sur la loi sur le libre passage (art. 22 LFLP) : vous n’avez pas besoin de connaître ces textes par cœur, mais ces repères expliquent pourquoi le partage suit une logique cadrée.

En toile de fond, les règles évoquées ci-dessus expliquent pourquoi le partage ne dépend pas uniquement de “ce que vous trouvez juste”, mais d’un cadre qui vise l’équité entre conjoints.

Ce que “partage” signifie pour votre retraite

Le mot partage prête parfois à confusion : il ne signifie pas “recevoir de l’argent libre”. Dans la grande majorité des situations, le transfert reste dans le système de prévoyance (vers une autre institution de prévoyance ou vers une solution de libre passage).

Cette logique protège l’objectif retraite : financer une rente future plutôt que créer un capital immédiatement consommable.

Quels avoirs LPP sont partagés (et lesquels ne le sont pas)

La période à retenir : du mariage au dépôt de la demande

Pour savoir quels avoirs se partagent, commencez par la période : ce qui compte, ce sont les droits accumulés pendant le mariage, jusqu’au repère retenu par la procédure (souvent lié au dépôt de la demande de divorce). Vous évitez ainsi un malentendu fréquent : croire que “tout” se partage, alors que la période compte autant que le montant.

Cette notion influence fortement la suite : si un conjoint disposait déjà d’un capital LPP important avant le mariage, ou si l’autre a commencé à cotiser plus tard, la base de calcul n’aura pas la même structure.

Les avoirs concernés : caisse actuelle, anciennes institutions, libre passage

Dans la vraie vie, la prévoyance se disperse. Vous pouvez avoir :

  • une caisse de pension actuelle (votre institution principale) ;

  • une ou plusieurs anciennes institutions (changements d’employeurs) ;

  • un compte ou une police de libre passage ;

  • des mouvements (rachats, retraits, transferts) qui influencent ce qui a été accumulé et la façon dont le dossier se lit.

Dans la pratique, la caisse de pension calcule une prestation de sortie (le montant transférable) selon son règlement et les règles de la LFLP. Cette base permet de déterminer ce qui a été accumulé pendant le mariage, avant exécution du partage.

Comment se déroule le partage, concrètement (étapes + documents)

Le parcours en 4 étapes : simple et rassurant

Même si chaque divorce reste unique, la logique suit souvent un chemin clair :

  1. Collecter : identifier toutes les institutions et rassembler les documents.

  2. Attester : obtenir l’attestation et confirmer les montants (avoirs, prestations, périodes).

  3. Décider : le tribunal encadre la décision dans le cadre du divorce. Le jugement fixe aussi la date de référence et ouvre le droit au transfert : le conjoint qui reçoit devient le créancier, et celui dont les avoirs sont prélevés le débiteur. La caisse exécute ensuite le versement (montant versé) dans le cadre prévu par la loi fédérale applicable.

  4. Transférer : l’institution exécute le partage vers l’institution du conjoint ou sur un compte de libre passage.

Vous gardez ainsi le contrôle : vous savez quoi faire, dans quel ordre, et pourquoi.

L’attestation : le document qui évite les erreurs

L’attestation sert à “verrouiller” une information : où se trouvent vos avoirs, quelle prestation se transfère, et quelle période s’applique. Elle réduit le risque d’approximation, surtout si votre parcours inclut plusieurs employeurs, une période d’indépendance, ou des solutions de libre passage.

Vous gagnez à demander ces documents tôt : vous évitez de courir après des informations alors que la procédure avance.

Qui intervient : vous, votre conjoint, les institutions et le tribunal

  • Vous et votre conjoint : vous fournissez les informations et pièces utiles.

  • Les institutions : elles confirment les montants et appliquent les transferts.

  • Le tribunal : il statue et encadre le partage dans la procédure de divorce.

L’idée clé : vous obtenez un bien meilleur résultat quand vous traitez le sujet comme une démarche de prévoyance (inventaire + cohérence), plutôt que comme une simple formalité administrative.

Rente et divorce : mesurer l’impact sur votre retraite

Ce qui change sur votre rente future

Votre rente dépend des droits construits et des avoirs disponibles à l’échéance. Si une partie de vos avoirs LPP est transférée lors du divorce, votre base de retraite peut diminuer. Le divorce peut donc modifier votre trajectoire : niveau de vie futur, choix entre rente et capital (selon votre planification), et capacité à financer certains projets.

Le risque principal : découvrir cet impact trop tard, au moment où la marge de manœuvre devient faible.

Selon le plan de retraite, l’objectif peut viser une rente de vieillesse plus élevée ou une part en capital. Après un divorce, une révision de votre trajectoire de prestations aide à éviter une mauvaise surprise au moment de la retraite.

Étude de cas : l’effet “invisible” du partage sur la rente vieillesse

Situation (divorce à 50 ans)

  • Époux A : avoirs LPP accumulés pendant le mariage = CHF 400'000

  • Époux B : avoirs LPP accumulés pendant le mariage = CHF 100'000

  • Total accumulé pendant le mariage = CHF 500'000

  • Principe de partage : chacun vise la moitié, soit CHF 250'000

Transfert LPP au divorce : Époux A verse CHF 150'000 à Époux B (400'000 – 250'000 = 150'000)

Perte de rente à 65 ans : calcul “direct” (sans même parler d’intérêts)

Pour rendre l’impact visible, supposons que l’époux A arrive à la retraite avec le même écart de capital (c’est une simplification pédagogique).

  • Avant partage : capital LPP à 65 ans = CHF 600'000

  • Après partage : capital LPP à 65 ans = CHF 450'000

  • Écart = CHF 150'000

Conversion en rente vieillesse (hypothèse 5,0 %)

Beaucoup de caisses appliquent un taux global (obligatoire + surobligatoire) souvent inférieur à 6,8 %. Prenons 5,0 % pour un exemple prudent.

  • Rente annuelle avant : 600'000 × 0,05 = CHF 30'000/an

  • Rente annuelle après : 450'000 × 0,05 = CHF 22'500/an

Perte de rente : CHF 7'500/an. Soit CHF 625/mois (7'500 ÷ 12 = 625).

L’âge : pourquoi le timing compte

L’âge change tout. À 35 ans, vous disposez de temps pour corriger un écart (augmenter les cotisations, ajuster l’épargne, réorganiser votre stratégie). À 55 ans, vous avez moins d’années pour compenser. La même décision produit alors un effet beaucoup plus visible sur la rente.

Invalidité : quand la situation devient plus technique

Une situation d’invalidité (ou une rente déjà en cours) peut modifier le traitement et la façon d’évaluer les droits. Le Code civil prévoit des cas spécifiques lorsque une rente est déjà versée (art. 124 et 124a CC). Vous n’avez pas besoin d’entrer dans le détail, mais vous avez intérêt à vous faire accompagner : une lecture trop rapide peut fragiliser votre protection ou celle de votre conjoint.

Évitez les erreurs qui coûtent une rente :

Faire le point avec un conseil matrimonial

Les 7 erreurs fréquentes à éviter avant de signer un accord

Entre époux (ou ex-conjoints), la période de séparation accélère les décisions : garder une méthode évite de trancher trop vite sur des enjeux de prévoyance.

1) Décider sans mesurer l’impact sur la rente

Beaucoup de couples négocient “au présent” (logement, liquidités, charges) et oublient l’effet retraite. Pourtant, une décision sur la LPP se traduit souvent par une différence durable sur la rente.

2) Oublier un ancien avoir ou une institution

Changements d’employeurs, périodes de transition, libre passage : les avoirs se dispersent. Un oubli fausse le dossier et peut produire une base de partage incomplète.

3) Confondre partage et argent disponible

Le partage vise la prévoyance : vous ne récupérez pas un capital “libre” à utiliser comme bon vous semble. Cette confusion crée souvent de mauvaises attentes et des tensions inutiles.

4) Sous-estimer l’effet d’un divorce tardif

Plus l’âge avance, plus la capacité à compenser diminue. Vous devez donc mesurer le coût retraite avec lucidité, même si le divorce se déroule dans l’urgence.

5) Négliger la protection du conjoint en cas d’invalidité ou de décès

Le divorce modifie l’équilibre de protection. Vous devez réévaluer les risques et les prestations possibles, surtout si vous avez des enfants ou des charges durables.

6) Se focaliser sur le court terme au détriment de la prévoyance

Un accord peut sembler “équilibré” aujourd’hui, puis se révéler désavantageux à long terme. Le plus grand piège : sacrifier la retraite pour résoudre un conflit immédiat.

7) Renoncer sans vérifier la couverture de prévoyance

Une renonciation (totale ou partielle) au partage ne se traite pas comme un simple “deal” entre conjoints. Le cadre prévoit des conditions, notamment une couverture de prévoyance suffisante (art. 124b CC). Vous devez vérifier l’impact sur la retraite avant de valider une option de renonciation.

La méthode Adavia : sécuriser votre prévoyance pendant la séparation

Le divorce vous force à prendre des décisions rapides, parfois sous pression. Le conseil matrimonial vous aide à poser un cadre, protéger le couple (ou ses conséquences) et aligner les décisions sur vos objectifs. Adavia vous accompagne avec une approche structurée, centrée sur la prévoyance et la projection retraite.

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Étape 1 : inventaire complet des avoirs

Objectif : retrouver toutes vos institutions, sécuriser les montants et éviter les oublis.

L’inventaire vise aussi à repérer un compte de libre passage oublié et à vérifier que chaque caisse a bien documenté le montant concerné. Vous sécurisez ainsi le futur versement et limitez les erreurs d’exécution.

Mini-checklist utile :

  • liste des employeurs et des institutions de prévoyance ;

  • relevés récents des avoirs LPP ;

  • compte/police de libre passage ;

  • attestation si nécessaire pour confirmer les montants et les périodes ;

  • éléments qui influencent la lecture des avoirs accumulés (transferts, rachats, retraits).

Étape 2 : projection de la rente (avant/après)

Vous prenez une meilleure décision quand vous voyez l’impact chiffré sur la rente. Une projection simple permet de comparer :

  • la rente visée selon votre trajectoire actuelle ;

  • l’effet du partage sur votre base de prévoyance ;

  • la marge d’ajustement selon votre âge, vos revenus et vos priorités.

Étape 3 : stratégie de protection et trajectoire retraite

Selon votre situation, vous pouvez ensuite définir un plan concret : protection du conjoint, sécurisation des objectifs de vie, stratégie d’épargne, et organisation patrimoniale cohérente avec la nouvelle réalité. Vous évitez ainsi un divorce “administratif” qui devient, plus tard, un problème de retraite.

Comprendre, vérifier, décider avec méthode

Le partage des avoirs LPP en cas de divorce ne se résume pas à une formalité. Il impacte votre prévoyance professionnelle, votre rente, et l’équilibre financier entre conjoints. En clarifiant ce qui a été accumulé pendant le mariage, en réunissant les bonnes attestations auprès de chaque institution, et en anticipant l’impact selon votre âge ou une situation d’invalidité, vous évitez des décisions coûteuses.

Vous hésitez sur la meilleure décision pour protéger votre prévoyance ? Demandez conseil pour vous aider à clarifier vos objectifs et à bâtir un plan d’action

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